Et vous, qu'est-ce que ça vous fait ?

Une phrase vous parle, une question reste en suspens, ou vous avez envie de partager ce que vous vivez ? Vous pouvez m'écrire ici, librement. Je lis chaque message avec attention et je vous réponds personnellement.

Dépendance affective : comprendre ce qui se rejoue, avec la Gestalt-thérapie à Ambilly

Vous relisez trois fois un message avant de l'envoyer. Vous guettez sa réponse, et chaque minute de silence ressemble à un rejet. Vous savez que cette relation vous fait du mal, et pourtant l'idée de la perdre vous semble insupportable. Ce n'est pas un manque de volonté, ni de l'amour « trop fort » : c'est souvent une ancienne façon de rester en lien, apprise très tôt, qui se rejoue aujourd'hui dans vos relations.

D'où ça vient : ce que l'enfant a appris pour rester en lien

Un enfant ne peut pas survivre seul. Pour lui, rester proche de ses figures d'attachement est une question vitale. Alors il s'adapte à ce qu'il reçoit, et il en tire une conclusion silencieuse sur l'amour : « voilà ce que je dois faire pour qu'on reste avec moi ». C'est ce que les chercheurs appellent le style d'attachement. Il ne dépend pas de parents « bons » ou « mauvais », mais de ce qui était possible à ce moment-là dans la famille.

  • Quand la présence était imprévisibleUn parent très chaleureux certains jours, absent ou débordé d'autres jours, sans que l'enfant comprenne pourquoi. L'enfant apprend à rester en alerte, à surveiller les signes, à réclamer plus fort pour ne pas être oublié. Adulte, cela peut devenir ce besoin constant de réassurance, et cette difficulté à se poser dans la relation. On parle d'attachement anxieux.

  • Quand l'amour semblait conditionnelRecevoir de l'amour à condition d'être sage, de réussir, de ne pas déranger. L'enfant apprend que sa place se gagne. À l'âge adulte, on donne beaucoup, on s'oublie, et l'on a du mal à croire que l'autre puisse rester sans qu'on fasse d'efforts.

  • Quand l'enfant devait s'occuper de l'adulteUn parent triste, malade, en conflit, que l'enfant cherchait à consoler ou à protéger. Très tôt, l'enfant apprend à veiller sur les besoins des autres et à mettre les siens de côté. À l'âge adulte, on se retrouve souvent dans le rôle de « la personne qui soutient », dans des relations où l'on reçoit peu.

  • Quand les émotions étaient malvenues« Arrête de pleurer », « ce n'est rien ». L'enfant apprend à se débrouiller seul avec ce qu'il ressent. Certaines personnes deviennent très autonomes en apparence et prennent de la distance dès que la relation devient proche : c'est l'attachement évitant. Et beaucoup oscillent entre les deux : besoin intense de l'autre, puis envie de fuir quand il se rapproche.

Ces stratégies ont permis à l'enfant de garder le lien. Le problème n'est pas qu'elles existent, c'est qu'elles continuent de diriger vos relations d'adulte, alors que vous n'êtes plus l'enfant d'autrefois.

La bonne nouvelle, et les recherches sur l'attachement le confirment : un style d'attachement n'est pas figé. Il peut évoluer à l'âge adulte, à travers des relations plus sécurisantes, dont la relation thérapeutique.

Ce qui se passe dans votre corps

La dépendance affective ne se joue pas seulement dans la tête. Pour un système nerveux qui a appris tôt que le lien pouvait disparaître, la distance de l'autre ressemble à un danger. Un message sans réponse peut déclencher la même alarme qu'une menace réelle : cœur qui s'accélère, boule dans le ventre, pensées qui tournent en boucle, impossibilité de se concentrer sur autre chose.

Dans cet état, votre corps cherche une seule chose : retrouver le lien, vite. Vous envoyez un autre message, vous vous excusez, vous cédez sur ce qui compte pour vous. Ou au contraire, vous vous coupez de tout pour ne plus rien sentir. Ces réactions ne sont pas des « caprices » : ce sont des réflexes de protection, qui se déclenchent avant même que vous ayez le temps de réfléchir.

C'est pour cela que comprendre ne suffit pas toujours. Vous pouvez savoir parfaitement que cette personne ne vous convient pas, et sentir pourtant votre corps vous pousser vers elle. Le travail passe aussi par là : apprendre à reconnaître cette alarme, à la traverser sans qu'elle décide à votre place, et à retrouver un peu de sécurité à l'intérieur de vous.

Ce que j'ai moi-même traversé

J'ai longtemps été cette personne qui attendait un message, puis en renvoyait un autre pour apaiser l'angoisse qui montait. Je ne me rendais pas compte que je cherchais surtout à calmer mon émotion : je pensais que le problème, c'était l'autre. Aujourd'hui, cette anxiété est encore là parfois. Mais je l'accueille, même quand c'est désagréable, et je la laisse être, sans chercher à la soulager à tout prix.

Juliette

Les différentes voix en vous

Vous avez peut-être remarqué que vous n'êtes pas d'un seul bloc face à la relation. Une partie de vous s'accroche, terrifiée à l'idée d'être laissée. Une autre voudrait partir, fatiguée de s'oublier. Une troisième vous juge : « tu es pitoyable, tu devrais t'en sortir mieux que ça ».

En Gestalt-thérapie, on ne cherche pas à faire gagner l'une contre l'autre. On leur donne la parole, l'une après l'autre, pour entendre ce que chacune essaie de protéger. Celle qui s'accroche porte souvent la peur de l'enfant qui attendait qu'on revienne. Celle qui juge tente, maladroitement, de vous éviter de souffrir encore. Quand ces voix se sentent entendues, elles n'ont plus besoin de crier aussi fort, et vous retrouvez de la place pour choisir.

Comment ça se travaille en séance

On ne cherche pas à vous faire « couper les ponts » ni à vous donner des règles à suivre. On part de ce que vous vivez aujourd'hui, dans une situation précise : ce message qui n'arrive pas, cette dispute, ce moment où vous avez dit oui alors que vous pensiez non.

  • Repérer ce qui se rejoue. Relier ce que vous ressentez maintenant à ce que vous avez appris enfant, pour que vos réactions retrouvent du sens.

  • Écouter le corps. Remarquer où se loge l'angoisse, ce qui l'apaise, et apprendre peu à peu à revenir à un état plus calme par vous-même.

  • Retrouver vos besoins et vos limites. Oser sentir ce que vous voulez, ce que vous ne voulez plus, et l'exprimer sans avoir l'impression de mettre la relation en danger.

  • Faire l'expérience d'un lien sûr. La relation avec la thérapeute est elle-même un lieu d'expérimentation : un espace stable, où vous pouvez être pleinement vous-même sans craindre l'abandon.

Petit à petit, la peur prend moins de place. Vous choisissez davantage vos relations au lieu de les subir, et vous pouvez aimer sans vous perdre.

Questions fréquentes

Quand l'attachement fait mal

  • Vous avez souvent besoin que l'autre vous rassure, et l'apaisement ne dure jamais longtemps.

  • Une réponse tardive, un ton un peu sec, et votre journée bascule.

  • Vous vous adaptez tellement à l'autre que vous ne savez plus très bien ce que vous voulez, vous.

  • Vous restez dans des relations qui vous épuisent, parce que partir vous fait encore plus peur.

  • Les personnes peu disponibles vous attirent, et les relations calmes vous semblent « fades ».

  • Après une rupture, la douleur est démesurée par rapport à ce que vous avez réellement vécu ensemble.

Illustration d'une séance de Gestalt-thérapie : deux femmes assises face à face dans des fauteuils

Si vous vous reconnaissez dans ces mots, vous pouvez prendre rendez-vous pour une première séance. Vous n'avez pas besoin d'avoir tout compris avant de venir : on commence là où vous en êtes.

Je vous reçois au cabinet à Ambilly, tout près d'Annemasse et de Genève, ou en visio si c'est plus simple pour vous. Cette première séance est simplement l'occasion de faire connaissance et de voir si vous vous sentez bien avec moi.