Et vous, qu'est-ce que ça vous fait ?

Une phrase vous parle, une question reste en suspens, ou vous avez envie de partager ce que vous vivez ? Vous pouvez m'écrire ici, librement. Je lis chaque message avec attention et je vous réponds personnellement.

Estime de soi : apaiser la critique intérieure, avec la Gestalt-thérapie à Ambilly

Vous relisez ce que vous avez dit en réunion en vous trouvant ridicule. Un compliment vous met mal à l'aise, une remarque vous reste en tête pendant des jours. Vous avez beau réussir des choses, vous avez l'impression que ce n'est jamais assez, ou que quelqu'un finira par s'apercevoir que vous ne « méritez » pas votre place. Ce n'est pas un défaut de caractère : c'est souvent une façon de vous regarder que vous avez apprise, bien avant de pouvoir la choisir.

Ce qu'on appelle l'estime de soi

L'estime de soi, c'est la valeur que vous vous accordez. Pas celle que vous « devriez » avoir, ni celle que les autres voient en vous : celle que vous ressentez, au fond. Elle tient à trois choses : savoir qui vous êtes, la façon dont vous vous regardez, et la douceur que vous pouvez vous accorder.

Elle n'est pas figée. Elle bouge avec les périodes de la vie et les relations, et elle peut être solide dans un domaine, fragile dans un autre. Une estime de soi apaisée, c'est pouvoir se dire : « J'ai de l'importance, et les autres aussi. »

Estime de soi ou confiance en soi ?

  • La confiance en soiC'est ce que vous vous sentez capable de faire : prendre la parole, vous lancer dans un projet, affronter une situation nouvelle. Elle se construit surtout par l'expérience et la pratique.

  • L'estime de soiC'est la valeur que vous vous accordez, indépendamment de vos réussites : vous sentir digne d'amour, de respect et d'écoute, même quand vous échouez.

On peut très bien réussir dans son travail et avoir pourtant une estime de soi fragile. Et l'inverse existe aussi : douter de ses compétences tout en se sentant profondément légitime d'exister.

D'où ça vient : les messages qu'on a avalés enfant

Un enfant ne sait pas encore qui il est. Il se découvre dans le regard des adultes qui l'entourent. Ce qu'on lui dit, et surtout la manière dont on le regarde, devient peu à peu sa façon de se regarder lui-même. En Gestalt-thérapie, on parle d'introjection : l'enfant « avale » des messages tout rond, sans pouvoir les mâcher ni les questionner, et ces messages continuent de parler en lui à l'âge adulte.

  • Quand l'amour dépendait des résultats. De bonnes notes, être sage, ne pas faire de vagues. On apprend que sa valeur se mérite. Adulte, on se sent digne d'intérêt seulement quand on réussit, et chaque échec ressemble à une preuve qu'on ne vaut rien.

  • Quand la critique était plus fréquente que l'encouragement. « Tu peux mieux faire », « ce n'est pas si difficile », « regarde ta sœur ». Ces phrases finissent par devenir une voix intérieure, qui commente tout ce que vous faites.

  • Quand vos besoins passaient après. Un parent débordé, fragile ou absent. On comprend très tôt qu'il vaut mieux ne pas déranger. Adulte, on a du mal à prendre sa place, à demander, à croire que ce qu'on ressent compte.

  • Quand la différence ou la mise à l'écart ont marqué l'enfance. Moqueries à l'école, harcèlement, sentiment de ne pas correspondre à ce qu'on attendait de vous. La honte s'installe, et avec elle l'idée qu'il y a quelque chose « qui ne va pas » chez vous.

Ces messages ont eu une fonction : garder l'amour des adultes, éviter le rejet, trouver sa place dans la famille. Le problème, c'est qu'ils continuent de décider pour vous aujourd'hui, comme s'ils disaient la vérité sur qui vous êtes. Or ce ne sont que des messages reçus, et ce qui a été appris peut être questionné.

Se sentir moins que les autres, ou devoir être plus

Une estime de soi fragile ne se voit pas toujours de la même façon. Parfois, on s'efface, on doute de tout, on se sent moins que les autres. Parfois, au contraire, on a besoin de briller, d'avoir raison, et la moindre critique est insupportable.

Dans les deux cas, la valeur dépend du regard des autres. Le but n'est donc pas d'avoir « plus » d'estime de soi, mais une estime plus juste : ni en dessous des autres, ni au-dessus.

Dans vos relations : quand la jalousie s'en mêle

Une estime de soi fragile se voit souvent dans le couple. Si, au fond, vous doutez d'avoir de la valeur, il devient difficile de croire que l'autre vous choisit vraiment. Le moindre signe (un message tardif, un regard vers quelqu'un d'autre, une soirée sans vous) peut alors réveiller une jalousie très forte : comparaison avec les autres, besoin de vérifier, peur que l'autre trouve quelqu'un « de mieux ».

Cette jalousie dit rarement quelque chose de l'autre. Elle parle surtout de la place que vous pensez mériter. Travailler l'estime de soi, c'est aussi apaiser cette peur, et pouvoir aimer sans vivre dans la crainte de la rupture. Si c'est surtout la peur de perdre l'autre qui vous parle, la page dépendance affective peut aussi vous éclairer.

Ce qui se passe dans votre corps

Une estime de soi fragile se vit aussi dans le système nerveux. Quand votre valeur semble menacée (une critique, un regard, une erreur devant les autres), votre corps peut réagir comme face à un danger : chaleur qui monte au visage, gorge serrée, envie de disparaître, ou au contraire tension et besoin de vous justifier. C'est souvent là que se loge la honte.

Ces réactions sont des réflexes de protection, appris tôt, à une époque où le rejet d'un adulte important représentait un vrai risque pour l'enfant. Elles se déclenchent avant même que vous ayez le temps de réfléchir. Vous cherchez à vous faire oublier, vous en faites toujours plus pour ne jamais commettre d'erreur, ou vous vous figez au moment de prendre la parole.

C'est pour cela que se répéter « j'ai de la valeur » ne suffit pas toujours. Le travail passe aussi par le corps : apprendre à reconnaître ces signaux, à revenir à un état plus calme, et à rester en contact avec vous quand la honte arrive, jusqu'à sentir qu'elle peut passer sans tout emporter.

Ce que j'ai moi-même traversé

Pendant longtemps, mon manque d'estime de moi se voyait surtout de deux façons. J'étais très susceptible : même quand je savais que c'était pour rire, je prenais les choses très à cœur et je me vexais vite. Et je faisais passer les besoins des autres avant les miens, parce qu'au fond, je me considérais comme moins importante.

Aujourd'hui, je suis capable de prendre en compte mes envies et mes besoins, même quand ils vont à l'encontre de ceux de la personne en face. Je reste un peu susceptible, mais je sais reprendre ma part de responsabilité et calmer mon mental.

Juliette

Comment ça se travaille en séance

On ne cherche pas à vous convaincre que vous avez de la valeur avec des phrases toutes faites. On part de situations précises que vous vivez aujourd'hui : cette réunion où vous n'avez pas osé parler, ce « oui » que vous auriez voulu être un « non », cette erreur qui vous poursuit encore.

  • Repérer les messages avalés. Reconnaître d'où viennent les phrases qui vous jugent, et vous demander si vous êtes d'accord avec elles aujourd'hui.

  • Revenir à ce qui se passe, ici et maintenant. Remarquer, au moment où il apparaît, le jugement que vous portez sur vous, ce qu'il réveille et ce dont vous auriez besoin à la place.

  • Traverser la honte autrement. Reconnaître ce qu'elle déclenche dans votre système nerveux, et apprendre peu à peu à retrouver un état de sécurité.

  • Expérimenter. Oser dire non, demander, prendre votre place, d'abord dans l'espace sécurisant de la séance, puis dans votre vie.

La relation avec la thérapeute compte beaucoup : un espace où vous pouvez être pleinement vous-même, sans que vos résultats décident de votre valeur. Petit à petit, le regard que vous portez sur vous s'adoucit, et vous pouvez avancer sans attendre la perfection pour vous donner le droit d'exister.

Pour aller plus loin : le livre Je crée ma vie ici et maintenant d'Arnaud Sebal, fondateur de l'École Humaniste de Gestalt, où je me suis formée.

Questions fréquentes

Quand l'estime de soi est fragile

  • Une petite erreur suffit pour que vous vous jugiez très durement, parfois pendant des jours.

  • Les compliments glissent sur vous, alors que les critiques restent gravées.

  • Vous avez du mal à dire non, de peur de décevoir ou de perdre l'affection de l'autre.

  • Vous vous comparez sans cesse, et la comparaison tourne presque toujours en votre défaveur.

  • Vous repoussez certains projets parce que « ce ne sera pas assez bien ».

  • Même quand vous réussissez, vous avez l'impression d'avoir eu de la chance, ou de tromper votre monde.

Illustration d'une séance de Gestalt-thérapie : deux femmes assises face à face dans des fauteuils

Si vous vous reconnaissez dans ces mots, vous pouvez prendre rendez-vous pour une première séance. Vous n'avez pas besoin d'avoir tout compris avant de venir : on commence là où vous en êtes.

Je vous reçois au cabinet à Ambilly, tout près d'Annemasse et de Genève, ou en visio si c'est plus simple pour vous. Cette première séance est simplement l'occasion de faire connaissance et de voir si vous vous sentez bien avec moi.